Depuis la suppression du Cerfa TVA le 14 février 2025, des milliers d’artisans se demandent quelle mention inscrire sur leurs devis pour continuer à appliquer la TVA à 5,5 % en toute sécurité. Une erreur ou un oubli peut entraîner un redressement fiscal de plusieurs milliers d’euros, à la charge de l’entreprise et non du client. Voici le texte exact à utiliser en 2026, les trois conditions à respecter et les pièges à éviter au moment de faire le devis.
En 30 secondes
- Depuis le 14 février 2025, le Cerfa TVA à taux réduit n’existe plus.
- Une mention datée et signée sur le devis le remplace, avec la même valeur juridique.
- Le logement doit être achevé depuis plus de deux ans et affecté à l’habitation.
- Les travaux ne doivent pas augmenter la surface de plus de 10 %.
- Conservez le devis signé pendant cinq ans, c’est votre preuve en cas de contrôle.
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L’erreur qui coûte cher
Beaucoup d’artisans pensent que la suppression du Cerfa signifie qu’il n’y a plus rien à faire signer. C’est faux. Lors d’un contrôle, l’absence de cette mention entraîne l’application du taux normal de 20 % sur tout le chantier, à la charge de l’entreprise : environ 2 175 euros de TVA à sortir de sa poche sur un chantier de 15 000 euros HT.
La mention TVA 5,5% à copier sur votre devis en 2026
Il n’existe pas de formulation officielle unique imposée par la loi. L’administration fiscale attend une déclaration explicite du client couvrant les trois conditions du taux réduit. Voici une mention prête à l’emploi :
“Je soussigné(e) [Nom, prénom du client], propriétaire ou locataire du logement situé [adresse complète], atteste que ce logement est achevé depuis plus de deux ans à la date de début des travaux, qu’il est affecté à un usage d’habitation, et que les travaux réalisés n’entraînent pas de changement de destination ni d’augmentation de la surface de plancher supérieure à 10 %. Fait à [ville], le [date]. Signature du client.”
Cette formulation reprend l’ensemble des critères exigés par l’administration fiscale au titre de l’article 279-0 bis du Code général des impôts. Vous pouvez l’utiliser telle quelle ou l’adapter, à condition de conserver les trois conditions obligatoires et la signature datée du client. Placez-la dans le corps du devis, juste avant l’espace de signature.
Ce qui a changé depuis la suppression du Cerfa le 14 février 2025
Le cadre légal n’a pas bougé. C’est toujours l’article 279-0 bis du Code général des impôts (legifrance.gouv.fr) qui fixe les conditions du taux réduit à 5,5 % et du taux intermédiaire à 10 % pour les logements de plus de deux ans. Seule la preuve à fournir a changé de forme.
Avant février 2025, le client remplissait le formulaire Cerfa 1300-SD (ou 1301-SD pour les gros travaux) et le professionnel le conservait. Un décret a supprimé ce formulaire. Une mention signée sur le devis ou la facture le remplace désormais.
| Élément | Avant le 14 février 2025 | Depuis le 14 février 2025 |
|---|---|---|
| Preuve exigée | Formulaire Cerfa 1300-SD / 1301-SD | Mention signée sur le devis ou la facture |
| Format | Document administratif séparé | Mention intégrée au devis contractuel |
| Qui signe | Le client | Le client (à la main ou en signature électronique) |
| Base légale | Article 279-0 bis du CGI | Article 279-0 bis du CGI (inchangé) |
| Conservation | 5 ans | 5 ans (inchangé) |
La disparition du Cerfa ne signifie pas que les conditions ont disparu. Les critères restent exactement les mêmes. Ce qui évolue, c’est uniquement la façon de les prouver, et cette preuve repose maintenant sur votre devis.
Les trois conditions que le client doit reconnaître par écrit
Une formule vague du type “le client bénéficie de la TVA réduite” ne suffit pas. La mention doit couvrir trois points précis, sans quoi elle perd sa valeur en cas de contrôle :
- Ancienneté du logement : le bien doit être achevé depuis plus de deux ans à la date de commencement des travaux. Une date d’achèvement absente ou approximative fragilise l’attestation.
- Usage d’habitation : le logement doit servir à l’habitation, exclusivement ou à titre principal. Un local mixte habitation/professionnel demande une attention sur la seule part éligible.
- Absence de changement de destination : les travaux ne doivent ni transformer un local professionnel en logement (ou l’inverse), ni s’apparenter à une reconstruction qui ferait basculer le chantier dans le neuf.
Quel taux pour quels travaux : trois exemples de chantier
Le taux ne dépend pas de la mention, mais de la nature des travaux. La mention porte sur le logement (ancienneté, usage), pas sur le type de prestation. Trois cas concrets pour situer :
| Chantier | Nature des travaux | Taux applicable |
|---|---|---|
| Remplacement d’une chaudière par un modèle performant | Amélioration énergétique, logement de plus de 2 ans | 5,5 % |
| Rénovation complète d’une cuisine (sans gain énergétique) | Rénovation d’un logement de plus de 2 ans | 10 % |
| Extension de 35 m2 accolée à la maison | Augmentation de surface de plus de 10 % | 20 % |
Sur le premier cas, la mention s’applique. Sur le troisième, elle ne doit surtout pas être apposée : l’extension fait sortir le chantier du taux réduit, même si la maison a trente ans. Pour piloter ces taux sans erreur, un logiciel de devis et facturation pour le bâtiment applique le bon taux ligne par ligne selon la prestation.
Ce que vous risquez concrètement en cas d’oubli
Le risque n’est pas théorique. Si la mention est absente, incomplète, ou si les conditions ne sont finalement pas remplies, l’administration requalifie l’opération au taux normal de 20 % sur l’ensemble du chantier. C’est le professionnel qui reverse la différence, pas le client.
Sur un chantier de 15 000 euros HT facturé à 5,5 % au lieu de 20 %, la différence atteint environ 2 175 euros de TVA à la charge de l’entreprise si elle ne peut pas la récupérer auprès du client après coup. Pour un artisan solo dont la trésorerie est déjà tendue, ce redressement peut peser sur un exercice entier.
La règle simple : faire signer la mention avant l’acceptation du devis, jamais après le début des travaux. Un client qui hésite à signer, ou qui reste flou sur l’usage exact du logement, doit vous alerter. Mieux vaut clarifier en amont que découvrir le problème deux ans plus tard lors d’un contrôle.
Combien de temps conserver la preuve et comment l’archiver
La mention signée doit être conservée cinq ans, conformément à l’article L102 B du Livre des procédures fiscales (impots.gouv.fr). Ce délai s’applique même si le chantier est terminé depuis longtemps et que le client a changé d’adresse.
Concrètement, vous devez pouvoir retrouver, cinq ans après, le devis original portant la mention et la signature. Un classement papier devient vite ingérable pour un artisan qui traite plusieurs dizaines de chantiers par an. La signature électronique du devis et l’archivage horodaté résolvent ce point : le document signé est retrouvable en quelques secondes, sans risque de perte.
Les erreurs fréquentes sur le terrain
Sur le terrain, les mêmes erreurs reviennent, presque toujours par manque de temps plutôt que par négligence :
- Continuer à faire remplir un Cerfa qui n’existe plus, ce qui retarde le chantier sans rien apporter.
- Faire signer la mention au moment de la facture finale, alors qu’elle doit accompagner le devis initial.
- Utiliser une formulation trop générale qui ne couvre pas les trois conditions cumulatives.
- Apposer la mention sur un chantier avec extension ou surélévation, sans vérifier l’impact sur la surface de plancher.
- Oublier d’archiver le devis signé, et ne plus pouvoir justifier le taux cinq ans plus tard.
La plus coûteuse, en pratique, reste la deuxième : une mention signée après coup se voit tout de suite lors d’un contrôle et perd sa valeur, même si les travaux respectaient parfaitement les conditions.
À retenir avant votre prochain devis
La suppression du Cerfa simplifie la forme, pas le fond. Plus de formulaire administratif, mais une mention précise, complète et signée à intégrer dans le devis, avec cinq ans de conservation à la clé. Cette mention engage votre responsabilité fiscale au même titre que l’ancien formulaire.
Avec BatUp, la mention TVA à 5,5 % est intégrée automatiquement à chaque devis concerné : l’artisan n’a rien à recopier, le bon taux s’applique selon la prestation, et le document est archivé après signature. L’oubli de mention, première cause de requalification lors des contrôles, disparaît de votre process.
Sources officielles
- Article 279-0 bis du Code général des impôts (Légifrance)
- TVA et travaux dans les logements (impots.gouv.fr)
- Obligations de facturation des professionnels (service-public.fr)
Questions fréquentes
Les 10 questions les plus posées sur ce sujet, avec des réponses concrètes.